Billet de mauvaise humeur #1 #BienVivreEnsemble – Frédéric Laurent

Billet de mauvaise humeur #1 #BienVivreEnsemble – Frédéric Laurent

« La prospérité montre les heureux, l’adversité révèle les grands » disait Pline Le jeune. Nous y sommes dans une adversité, de taille, où sont les grands ?

En ce temps ou la solitude prime, il semble aisé d’oublier certaines valeurs humaines de bien vivre ensemble.

Une caractéristique de notre région, fréquemment remarquée par des collègues Parisiens agréablement surpris lorsqu’ils viennent à Brest, est de saluer les gens que nous croisons, au travail, le matin, dans un parc, quels qu’ils soient. Depuis le confinement, le « bonjour » est confiné. Pour illustrer, lorsque je réalise un petit footing, en respectant durée et distance imposées, il est nouveau et désagréable en croisant d’autres personnes de ne pas entendre de bonjour ni de voir de sourires, seulement de considérer que je dérange fortement. Ils me trouvent sans doute de trop dans leur périmètre, mais ils sont également dans le mien.

L’inactivité actuelle de notre monde amène des meutes de loups déambuler sur les pistes de ski, des chèvres manger des fleurs sur la place d’un village au Pays de Galles, un requin pèlerin nager paisiblement près du quai Malbert et c’est extrêmement beau, touchant, rafraichissant. Je n’en dirais pas autant de spécimens d’une autre espèce qui, du fait de cette situation extrême, quand ils sortent traversent tranquillement des ronds-points à pied, en vitupérant sur la voiture qui oserait emprunter le rond-point. En quoi est-ce livré avec le confinement ?

Je déprime lorsque j’entends que les actes de dénonciation dans le Grand-Est se sont fortement multipliés à tel point que les alertes sérieuses ont du mal à être traitées. Que cette pratique qui ne nous grandit pas ne se développe pas.

Que dire de l’application de traçage numérique que l’on envisage de nous demander d’installer sur nos smartphones afin de connaître qui nous rencontrons ? Non, la fin ne justifie pas tous les moyens, et quand on ajoute que, pour une efficacité optimale, il serait nécessaire d’utiliser les services d’un GAFA, alors là…

Dans l’idée des mesures inégalitaires envisagées pour sortir du confinement, je ne nous reconnais pas. Envisager de différencier la liberté d’actions en fonction de l’âge ou d’une maladie chronique me met mal à l’aise.

Pourtant je suis persuadé que cette période stupéfiante, imprévisible, quelque part difficilement compréhensible pour le non-initié que je suis, doit pouvoir nous améliorer, nous faire voir le monde différemment, penser à nos proches et aux générations futures.

Prenez soin de vous.

#BienVivreEnsemble #ImaginonsDemain

Frédéric Laurent

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