SDF, un horizon plutôt que des grilles

SDF, un horizon plutôt que des grilles

Prochaine étape : clôturer la place de la Liberté ?

Un pas de plus vers la privatisation des espaces publics, un pas de plus vers l’exclusion. Les passages Fleuriot et Auguste-Pavie qui bordent la librairie Dialogues pourraient très prochainement ne plus être accessibles la nuit. Des grilles seront dressées afin d’empêcher les personnes sans domicile fixe d’y trouver refuge. Ainsi en a décidé la majorité actuelle, car à ses yeux, cette « mauvaise » fréquentation est « de nature à compromettre la salubrité du site ainsi que la tranquillité des riverains et usagers de ces passages ». Tant que nous y sommes, pourquoi ne pas aussi clôturer la place de la Liberté, histoire d’y déloger les trafiquants ? Faillite morale d’une mandature décidément à bout de souffle qui cherche, par cette mesure électoraliste, à gagner les faveurs des commerçants et des riverains, largement ignorés pendant les trois dernières mandatures. Comment peut-on, lorsqu’on est censé défendre des valeurs de solidarité et de justice sociale, prendre de telles décisions, en plein hiver de surcroît ? Que va-t-il se passer pour les quelques personnes qui trouvaient là un abri ? Leur a-t-on proposé une alternative ? Que pensent les associations d’aide aux sans-domicile-fixe de cette décision ?

Proposer des solutions…

La liste « Brest, imaginons demain » conduite par Pascal Olivard s’élève contre cette mesure anti-SDF : elle considère que la discrimination doit être combattue et que la pose de ces grilles est une atteinte inadmissible à l’obligation de solidarité vis-à-vis des plus démunis. Elle exprime sa consternation face à l’inaction prolongée, pour ne pas dire la désinvolture coupable de l’équipe municipale sortante. Elle réaffirme l’urgence absolue d’aider les plus faibles et de réguler l’espace public autrement qu’en y érigeant des barrières. Elle considère qu’il est de la responsabilité de la collectivité d’accompagner les personnes marginalisées afin de favoriser leur réinsertion. Plutôt que d’élever des grilles, elle veut ouvrir des horizons par différentes mesures :

  • Améliorer l’accueil des personnes démunies en rénovant les centres d’hébergement d’urgence (point Kerros notamment)
  • Mettre en place des équipes mobiles solidaires, composées de juristes, d’infirmier.e.s, de médecins, de dentistes, afin d’aller au-devant des besoins des personnes démunies
  • Lutter contre les violences familiales et domestiques en améliorant l’accueil et l’hébergement temporaire des victimes
  • Organiser les assises du social afin de mettre en cohérence les acteurs du territoire
Ne laisser personne à l’abandon !

C’est un devoir d’agir pour « tous les recalés de l’âge et du chômage, les privés du gâteau, les exclus du partage ». Nous nous y engageons.

 

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