À chacun son curseur sur la sécurité – Le Télégramme du 15/02/2020

À chacun son curseur sur la sécurité – Le Télégramme du 15/02/2020

Pendant près d’une heure, à l’initiative du Télégramme, huit des neuf candidats en course aux municipales de Brest ont débattu ce samedi sur le thème de la sécurité.

 

Sécurité, sécurité, sécurité, voilà comment Renée Thomaïdis avait résumé son programme pour la Ville, lors de son lancement de campagne. Ce samedi, sur son thème de prédilection, la candidate du Rassemblement national a surtout brillé par son absence lors du premier grand débat des Municipales. Organisé devant les halles Saint-Martin à l’abri du vent, ce débat dans la caravane du Télégramme a permis de mieux identifier les nuances, voire les vraies différences, entre les huit autres candidats.

Une Police municipale qui ne dit pas son nom

Alors que Brest est la dernière grande ville de France à se passer de Police municipale, François Cuillandre a dû une nouvelle fois s’expliquer sur son opposition de principe. « Lutter contre les trafics de drogue, c’est le rôle de l’État. La police judiciaire ne peut être qu’une police d’État. L’enjeu, c’est donc de donner les capacités à la Police nationale de remplir ses missions ». Le maire sortant a néanmoins décidé de créer deux brigades de tranquillité. Ses effectifs seront constitués « d’agents de surveillance du domaine public qui feront de la prévention », a-t-il précisé.

Pour Bernadette Malgorn, la candidate de la droite et du centre, François Cuillandre joue sur les mots, « en confiant un travail de quasi Police municipale à des gens qui seront sous ses ordres, mais non contrôlés par les autres autorités administratives et judiciaires ». Pour sa part, elle défend la création d’une Police municipale armée de 60 à 80 agents, dont l’action serait coordonnée avec celle des policiers nationaux, dans le cadre d’un plan global de sécurité négocié avec l’État, le préfet et le procureur de la République.

« Du bluff à usage électoral »

Le marcheur Marc Coatanéa est sur la même idée, avec un effectif légèrement moindre « d’une cinquantaine d’agents ». Quant à Pascal Olivard, il préconise une Police municipale à mobilité douce, et non armée. « Nos quartiers n’ont pas besoin d’armes supplémentaires, mais d’une présence, d’un dialogue, avec des gens assermentés et formés ».

Pour l’écologiste Ronan Pichon, une Police municipale ne résoudrait rien. « Là où elle existe, cela n’a pas réglé les problèmes de violences ou de trafics ». Même constat pour l’Insoumis Pierre-Yves Cadalen qui évoque « un bluff démagogique à usage électoral ». Il cite l’étude d’un sociologue de la sécurité qui a montré que « partout où l’on créait une Police municipale, l’État diminuait ses propres effectifs ». Pascal Olivard contre l’argument. « À Brest, on n’a pas de Police municipale, pourtant, le commissariat a perdu 80 policiers en 10 ans ».

Source : Le Télégramme du 15/02/2020

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