Carton rouge au stade du Froutven !

Carton rouge au stade du Froutven !

Un projet séduisant, mais…

Les dirigeants du stade brestois ont dévoilé récemment les contours du projet de construction d’un stade situé sur la zone du Froutven, à Guipavas. Cet équipement ultramoderne serait exclusivement financé sur fonds privés. Architecture futuriste, mixité des usages, accès direct par les grandes artères : le projet, tel qu’il a été présenté, peut assurément séduire. Il n’en demeure pas moins problématique sur plusieurs aspects, que la liste « Brest, imaginons demain », conduite par Pascal Olivard, souhaite ici rappeler.

Acquisition illégale des parcelles

Les parcelles sur lesquelles le projet de stade est censé voir le jour ont été acquises illégalement par Brest métropole océane en 2007, comme l’ont estimé le tribunal administratif de Rennes puis la cour administrative d’appel de Nantes, et comme l’a définitivement décidé le Conseil d’État lui-même le 23 décembre 2014, en frappant de nullité l’arrêté pris à l’époque par le Président de la communauté urbaine. La propriété de ces espaces est-elle donc totalement acquise à la métropole ? Celle-ci ne s’expose-t-elle pas à de nouveaux et fastidieux recours en cas de vente ? La liste « Brest, imaginons demain » souhaiterait que la lumière soit faite sur ce dossier.

Fonds privés, mais pas seulement…

Le fait que l’équipement soit financé sur fonds privés n’exonère pas la collectivité d’une participation qui, à ce jour, n’a pas été évaluée. Il serait en effet illusoire de considérer qu’un tel projet n’aurait aucune incidence sur les contribuables brestois et finistériens. Pour relier le terminus du tramway et les grands parkings alentour à l’enceinte du complexe, une passerelle piétonne enjambant le boulevard François Mitterrand devra être construite. De même, les voiries contiguës au stade devront être redimensionnées. Le coût de tels travaux s’élèvera à plusieurs millions d’euros.

Impact environnemental lourd

Dans un contexte de dérèglement climatique majeur, les responsables publics doivent s’efforcer de limiter au maximum l’impact environnemental des actions envisagées. En l’espèce, la zone d’implantation correspond à des terres agricoles et à des espaces naturels qui doivent être préservés de toute artificialisation. A l’avenir, chaque hectare naturel non bâti constituera un bien commun.

Désertion de la ville et de ses quartiers

A l’heure où de nombreuses villes s’efforcent de maintenir leurs activités de proximité, sans doute devons-nous nous interroger sur l’expansion déraisonnée et déraisonnable de ces immenses zones périphériques, bondées en journée et désespérément vides dès que la nuit tombe.

Le Foot, réservé aux riches ?

Le football est une activité populaire, accessible au plus grand nombre car les tarifs actuellement pratiqués restent maîtrisés. Qu’en sera-t-il lorsque ce stade du Froutven sera construit ? La jauge prévue, limitée à 15 000 spectateurs, aura nécessairement des conséquences inflationnistes les soirs de grands matchs et exclura de facto les couches les plus modestes de la population.

Abandon de notre patrimoine…

Dans l’hypothèse où ce nouveau stade verrait le jour, au mieux dans trois ans, qu’adviendrait-il du stade Francis Le Blé ? Serait-il maintenu provisoirement, à la faveur de nouveaux et nécessaires travaux de rénovation, notamment de la tribune Arkéa, refaite en urgence lors de la remontée en Ligue 1 en 2010 et dont la durée de vie n’excède pas 10 ans ? Faut-il alors envisager sa démolition lorsque le nouveau stade sera mis en service ? Et si, parallèlement, le projet de stade au Froutven s’enlisait dans d’inévitables recours, au point d’être tout simplement abandonné, ne faudrait-il pas, à nouveau, repenser le stade Francis Le Blé ? Que d’énergie, de temps et d’argent public perdus !

Pour la fin d’un progressisme aveugle !

La liste « Brest, imaginons demain » conduite par Pascal Olivard émet de vives réserves sur le projet d’implantation d’un stade au Froutven. Elle considère que la rénovation du stade Francis Le Blé constitue la seule voie crédible, qui serait de nature à revitaliser le centre-ville, à renforcer le caractère populaire et accessible du football et à préserver les espaces naturels sur le territoire métropolitain. Dès le début du mandat, les parties prenantes – stade brestois, associations sportives, riverains – seront réunies afin d’engager une réflexion conjointe sur ce projet.

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