Brest, pôle océanique du 21ème siècle

Brest, pôle océanique du 21ème siècle

1. Un projet de développement maritime pour Brest

Brest et les ports de la pointe de Bretagne ont connu des heures fastes dans les siècles passés, que ce soit dans les domaines du transport maritime, de la Marine de guerre, de la pêche, de la course au large et du nautisme. La forte activité d’accueil de bateaux dans les ports s’accompagnait d’une vigueur industrielle et économique de tout premier plan en Bretagne occidentale.

L’histoire nous montre que Brest doit se tourner vers l’océan et vers ses villes sœurs qui bordent l’Atlantique, et ne pas tout attendre de Paris ou de Rennes.

Brest dispose d’un positionnement exceptionnel au cœur de l’Atlantique Nord-Est et de l’Arc Atlantique européen.

Sa vie maritime aux multiples facettes, ses installations portuaires diversifiées, son Pôle de compétitivité mer de niveau mondial, son écosystème dynamique, sa proximité bénéfique avec les territoires de la Bretagne occidentale, sont autant d’atouts dont Brest doit pouvoir tirer parti pour devenir un pôle européen et mondial de l’Économie Bleue, à l’avant-garde du Pacte Vert pour l’Europe (European Green Deal).

Le grand projet de développement maritime que nous proposons pour Brest visera, par la mise en valeur de nos atouts maritimes, à renforcer la notoriété et l’attractivité de Brest et de l’ouest breton.

Ce positionnement fort de Brest au plan international permettra d’ouvrir plus encore la voie au développement des autres secteurs économiques – industries, agroalimentaire, services – qui trouveront toute leur place dans le sillage d’une métropole reconnue au plan européen et mondial par son excellence dans le domaine maritime.

Ce projet prendra en compte les grands secteurs de l’économie bleue et veillera à répondre aux grands défis climatiques, économiques et sociaux du 21ème siècle. Il mettra en valeur les grands sites maritimes qui font notre richesse : la Rade de Brest, ses 7 ports, la Penfeld, les Capucins, les nombreux ports et sites maritimes du Pays de Brest… et contribuera au développement de l’emploi dans notre région.

 

2. Le port de commerce

Au plan mondial, 80% des marchandises transitent par la mer. Le transport maritime est donc toujours le mode de transport dominant. Le manque de capacité portuaire et de connectivité des ports en France, et tout particulièrement en Bretagne, explique en grande partie l’importance excessive du transport routier dans notre pays, notamment à partir des grands ports de la Mer du Nord.

S’il ne compte aujourd’hui que pour 1% du trafic de containers français (5 dix-millièmes du trafic européen), le port de Brest présente, du fait de sa positon à l’entrée de la Manche, un potentiel exceptionnel à l’heure où l’Europe souhaite diminuer fortement les effets désastreux du transport routier sur le climat et la qualité de l’air.

Brest peut devenir un port structurant à l’échelle de l’Arc Atlantique européen, un pôle majeur du développement d’autoroutes de la mer, ou de réseaux de cabotage, destinés à connecter les ports européens et à réduire le trafic routier. Ainsi la gestation du projet Atlantis, d’autoroute de la mer entre Liverpool, Brest et Leixoens (Porto) en passant par l’Irlande et le nord de l’Espagne, doit être soutenue.

Sur le papier, la nécessité pour l’Irlande et l’UE de mettre en place des liaisons maritimes directes suite au Brexit positionnent très favorablement Brest, mais ce constat ne pourra être suivi de résultats que si notre métropole se donne les moyens de se faire entendre de Paris et de Bruxelles, plus enclins à servir les ports de la Mer du Nord ou du Havre.

Il faudra ainsi agir avec force pour que l’ensemble Brest-Roscoff soit inscrit au réseau central du RTE-T, ceci afin de devenir un hub à part entière, au départ et à l’arrivée de connexions maritimes qui relieront Brest et l’Ouest Breton avec les ports européens de la Mer du Nord, comme avec les ports français, irlandais, britanniques, espagnols ou portugais.

Condition indispensable de ce développement portuaire, Brest devra se battre pour obtenir l’indispensable plan de renaissance du fret ferroviaire qui permettra à son port de commerce d’élargir son hinterland en se connectant, par le rail, à la France et à l’Europe.

De même Brest doit se donner le projet de devenir un véritable « Ecoport » (recyclage des déchets, gestion des sédiments pollués, diminution des nuisances, pollutions et émissions de gaz à effet de serre,…) et de se positionner comme la grande station-service verte du transport maritime, sur l’Atlantique. Dans ce cadre, des initiatives comme l’expérimentation « ports propres » proposée par le projet de coopération européenne Blue Port Services, montrent la voie et doivent être soutenues avec vigueur.

Le port de Brest doit enfin retrouver une dynamique dans le domaine industriel maritime, autour de la réparation navale, des équipements et services aux bateaux, et également autour de la construction navale civile qui lui fait cruellement défaut aujourd’hui.

Pour cela, nous mènerons une action urgente et forte sur la réservation de foncier à destination industrielle dans les ports brestois et à proximité.

Pour que Brest devienne le grand port de commerce attractif, pourvoyeur d’emplois et vertueux sur le plan environnemental qu’il mérite d’être, il faudra là encore se mobiliser avec vigueur, affirmer haut et fort notre projet et prendre en main activement son pilotage, sa promotion et sa défense au plus haut niveau.

Grâce à un projet fort de développement de son trafic maritime et de l’activité industrielle de son port, Brest peut retrouver un dynamisme économique de premier plan, tout en agissant efficacement en faveur du décongestionnement des routes terrestres et du développement d’activités vertes dans les domaines du portuaire et du transport maritime.

 

3. Les énergies marines renouvelables

Les EMR (Energies Marines Renouvelables) et notamment l’éolien offshore flottant constituent un enjeu essentiel pour l’avenir industriel de Brest

Actuellement 5 800 éoliennes marines posées sont installées en Europe du Nord. La France malgré sa façade maritime, la plus importante d’Europe, n’en possède aucune. Le dernier PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) fixe cependant des objectifs ambitieux en matière de production d’énergie décarbonée. Ainsi, les six premiers champs français de 400 éoliennes posées, dont 62 éoliennes sur la Baie de Saint-Brieuc, sont prévus pour 2022. Mais, faute d’anticipation, ce grand projet ne devrait que peu profiter à Brest.

Par contre, Brest et la Région Bretagne doivent anticiper les futurs appels d’offre concernant l’éolien flottant, filière en devenir, et donner à Brest la place qu’elle mérite dans le développement des Énergies Marines Renouvelables au plan européen. L’éolien flottant est en effet une énergie d’avenir avec de premières installations en Europe, en Ecosse, au Portugal, … et, dès à présent, une forte implication de Saint-Nazaire.

En France, le premier appel d’offre éolien flottant de 250 MW (25 éoliennes ce qui est déjà significatif) prévu par la PPE en Bretagne Sud va être lancé en 2020 avec attribution en 2021.

Le montage industriel retenu pour l’éolien flottant dès 2021 sera probablement reconduit pour les autres champs de la façade atlantique à partir de 2024, avec, peut-être à terme, un accroissement de la taille des flotteurs avec des pales qui pourraient passer de 80 à 105 m.

Brest a d’incontestables atouts pour accueillir la construction des éoliennes flottantes :

  • Une rade exceptionnelle unique sur l’Atlantique permettant de stocker plusieurs éoliennes flottantes avant leur mise en place sur champs
  • Des infrastructures rares, notamment sa forme de radoub 3 (80 m de largeur)
  • Une culture et un savoir-faire industriels et maritimes de plusieurs siècles, certes en déclin, mais capable d’être revitalisé
  • Un polder et des quais conçus spécialement pour les EMR (tirants d’eau et charges lourdes)
  • Des Bureaux d’études très spécialisés et performants.

Brest ne doit pas laisser passer cette chance. En effet, maintenant que l’État se fixe depuis décembre 2019 un objectif ambitieux de 1 GW par an pour l’éolien en mer, il serait dommageable que la Bretagne et Brest ne prennent pas tout ou partie de cette activité structurante primaire, qui représente plusieurs milliards d’euros sur la décennie, d’autant que de grands groupes comme Shell, Total, Engie, EDP et deux groupes financiers chinois s’intéressent à ce marché.

Nous devons obtenir que les flotteurs soient construits à Brest, les infrastructures dont nous disposons le permettent.

Les difficultés et retards du chantier du polder, en ce début d’année 2020, illustrent malheureusement les inconvénients et les risques d’un pilotage à distance du projet.

Pour que Brest devienne un site qui compte dans l’éolien offshore, il faut que la Collectivité brestoise réalise, aux côtés de la Région Bretagne, une véritable prise en main, et s’implique dans un pilotage résolu du dossier des Énergies Marines Renouvelables.

Le but sera de fédérer l’ensemble des acteurs et d’exercer une forte activité de lobbying au profit de notre ville.

Consciente de ces enjeux et des atouts qui sont les nôtres, l’équipe « Brest, imaginons demain » conduite par Pascal Olivard, s’engagera résolument dans cette voie par

la création d’un cluster Énergies Marines Renouvelables en Bretagne, basé à Brest, regroupant tous les acteurs économiques et institutionnels, afin de se battre collectivement sur ce champ des EMR où Brest doit joueur un rôle majeur.

Ce dispositif sera nécessaire pour convaincre l’État et les autres partenaires de la place optimale que Brest doit tenir dans les consultations qui seront adressées aux opérateurs intéressés par le marché de l’éolien flottant.

 

4. La défense

Brest et la Bretagne détiennent historiquement une position leader dans les domaines de la défense et de la sûreté maritime. Ce secteur représente 25% de l’emploi pour Brest et sa région. Mais plusieurs opportunités ont récemment échappé à Brest (sous-marins Barracuda notamment)

Brest doit continuer de miser sur l’industrie de défense et se battre pour conserver cette position.

La Métropole doit contribuer à la mise en synergie des acteurs concernés : création d’un cluster défense associant les grands groupes, les entreprises de taille intermédiaire (ETI), les petites et moyennes entreprises et les centres d’Enseignement Supérieur et Recherche, sur Brest et la Bretagne Occidentale (Lorient, Lannion,…), tout en s’appuyant sur les outils existants que sont le Technopôle Brest-Iroise et le Pôle Mer Bretagne-Pays de la Loire, avec l’objectif d’établir une stratégie de développement économique et de la déployer (cyber sécurité maritime, big data…)

 

5. La pêche et la conchyliculture

La pêche, particulièrement celle de la coquille, est une activité économique emblématique pour la Rade de Brest qui compte 63 bateaux de pêche, dont une majorité de dragueurs et plusieurs fileyeurs-caseyeurs-ligneurs. Le port de Brest accueille lui-même une trentaine de bateaux de pêche et sa criée connaît une bonne activité.

En 2018, la criée de Brest a enregistré une hausse de 5,7 % des tonnages (1 920 tonnes) et de 11,2 % de son chiffre d’affaires, lequel s’est élevé à 9,7 millions d’euros (M€). Parmi les espèces pêchées, on trouve la lotte (400 tonnes), les araignées (300 tonnes) et les coquilles Saint-Jacques (180 tonnes). Les bateaux qui viennent à la criée de Brest sont de Brest, Le Conquet, l’Aber Wrac’h ou de l’extérieur du Finistère. La criée compte 10 salariés et regroupe 37 mareyeurs et 21 poissonniers.

La conchyliculture (huîtres, moules, palourdes) représente 19 entreprises sur la Rade et de nombreux emplois.

Cependant les professionnels ne cessent d’alerter sur la qualité insuffisante des eaux de la rade : bactéries, toxine ASP, virus, phytoplanctons toxiques, eutrophysation menacent ces activités.

La qualité, estimée « moyenne » par IFREMER, correspond à des zones de qualité B, soit le 1er niveau d’insalubrité, et donc de qualité insuffisante (mauvaise) pour la conchyliculture, la coquille et les autres usages littoraux comme la pêche à pied, professionnelle ou de loisirs.

Les fermetures sanitaires ont amené une perte de 44% de la flottille de pêche en 15 ans.

Les importantes pertes d’activité en conchyliculture amènent les professionnels à réfléchir sur la diversification.

Brest devra exercer toute sa vigilance, s’impliquer aux côtés des acteurs maritimes et encourager la collaboration entre les pêcheurs, les scientifiques et les collectivités pour que soit garantie l’indispensable qualité des eaux de la Rade et le maintien de ces activités.

 

7. Le nautisme

Le nautisme comporte l’ensemble des pratiques sportives, de loisir, ou éducatives liées à la mer et à l’eau. De la balade en mer à l’aviron, en passant par le kayak, la plongée, la voile de régate, le voilier habitable, le vieux gréement, la plongée, le surf, le nautisme constitue l’un des principaux liens entre les européens et le monde maritime, et c’est également un important vecteur de vocations maritimes dans la jeunesse. Le nautisme, outre qu’il offre de grandes possibilités de loisirs pour les habitants des contrées maritimes, représente un atout économique majeur, du fait de sa participation au développement touristique, du fait de l’activité de la filière qui le sert (industrie, services, commerce, activités encadrées, ports de plaisance), et, enfin, du fait de l’image positive et attrayante qu’il donne aux villes et territoires, notamment au travers de grands événements. Sur le Pays de Brest, au plan économique, le nautisme représente de l’ordre de 315 entreprises et 1 400 emplois ETP, soit environ 35% de l’emploi nautique finistérien. Si Brest et le Pays comportent de belles entreprises nautiques, privées, associatives ou publiques, le secteur de la construction nautique reste particulièrement faible.

Il est insatisfaisant que Brest, haut lieu des pratiques nautiques, ne dispose pas de chantiers de construction d’engins nautiques, qu’il s’agisse de bateaux à voile, de loisir, de compétition, ou de course au large, de bateaux motorisés, de dériveurs, planches, catamarans, kayaks, yoles…

Alors que la demande de pratique nautique se répand en Europe et dans le monde, il est éminemment souhaitable que Brest soit capable de répondre à une partie au moins de cette demande.

Il faut mieux intégrer le nautisme dans l’économie de la mer, aux côtés des autres grands secteurs maritimes, et doter Brest d’infrastructures capables d’accueillir les entreprises nautiques innovantes et de positionner notre ville comme la référence en la matière. De même, à l’image d’autres collectivités maritimes, déjà très engagées dans l’industrie et les services nautiques, nous mettrons en place une cellule qui visera à attirer et à accueillir dans les meilleures conditions les porteurs de projets dans le domaine nautique.

Ces projets, qui seront porteurs de valeur ajoutée environnementale, pourront concerner la construction nautique, la réalisation d’équipements divers, la création de services aux pratiquants, la mise en place de services de transport de marchandises à la voile, les services aux entreprises, la course au large…

Ce sont des dizaines d’emplois qui peuvent être créés rapidement, et des centaines dans l’avenir. Brest doit devenir la « Nautic Valley » de l’Europe.

Pour soutenir ce projet, Brest et son Pays disposent d’un outil exceptionnel, encore très peu exploité : la Rade, immense et exceptionnel plan d’eau abrité de 180 km2.

La Rade de Brest constituait déjà le point fort du dossier de candidature de Brest à l’organisation des épreuves de voile des JO de Paris 2024.

Face aux autres candidatures, la Rade présentait de loin les meilleures garanties pour assurer des compétitions de grande qualité, visibles par le grand public à partir de nombreux belvédères naturels, pour cinq zones de course différentes, alignées sur toute son étendue.

La Rade de Brest doit s’imposer au cœur de la vie des Brestois et doit incarner l’image maritime de Brest. De nombreuses activités peuvent être développées sur la Rade, loisirs divers, balades, découverte de la faune, randonnée nautique, rassemblements et compétitions nautiques du niveau local au plus haut niveau international… tout en associant les nombreux ports qui la bordent et les entreprises du domaine maritime (pêche, conchyliculture, services maritimes, …) qui y exercent leur activité.

La mise en valeur de la Rade visera en outre à dynamiser fortement son activité de plaisance (10 500 bateaux sur l’ensemble du Pays de Brest) et à développer l’attractivité de ses ports et zones de mouillage.

Une vigilance résolue s’impose pour garantir la qualité des eaux de la rade, condition essentielle à la pratique de la baignade et du nautisme.

La Rade de Brest peut à la fois devenir un important pôle d’activités et d’animation, et devenir un vecteur d’image majeur pour Brest.

 

8. La recherche.

Brest se positionne au plan mondial comme un site majeur de recherche dans le domaine des sciences et technologies marines.

Brest et la Métropole regroupent plus de la moitié des ingénieurs et chercheurs français dans le domaine maritime, avec de nombreux établissements comme IFREMER, l’IUEM, l’UBO, l’Institut Paul-Emile Victor, et les écoles d’ingénieurs que sont l’ENSTA, l’École Navale, l’IMT Atlantique, l’ENIB, l’ISEN. Ces compétences sont complétées par celles de la Station Biologique de Roscoff ou de la station de Biologie Marine de Concarneau.

Ce pôle de la recherche marine abrite aussi la principale flotte océanographique et hydrographique française.

La création relativement récente du Campus Mondial de la Mer représente un atout supplémentaire. Derrière cette création, le projet est d’investir et d’exploiter de manière optimale et durable les multiples opportunités de développement qu’offrent les océans.

Il faut désormais que la Métropole soutienne fortement le développement du Campus et s’implique davantage dans son pilotage, ceci dans le but d’en faire un véritable cluster international de la mer qui, reliant étroitement entreprises du domaine maritime et centres de recherche, puisse soutenir efficacement les projets de l’Économie Bleue.

Ce développement s’accompagnera d’un déploiement de la valorisation des connaissances et des compétences maritimes du Campus pour tous les brestois, grâce à l’outil exceptionnel d’Océanopolis et grâce au projet du 70.8, pôle excellences maritimes des Capucins.

 

9. L’éducation maritime des jeunes.

L’éducation maritime des jeunes est l’indispensable support à un grand projet de développement maritime. Une jeunesse qui connaît son environnement océanique sera davantage préparée à relever les défis environnementaux et climatiques, à développer des projets et vocations en rapport avec le milieu marin et à s’orienter vers des projets et des carrières maritimes. Cette éducation marine peut se faire à l’école afin de toucher tous les élèves quelques soient leurs conditions sociales, familiales, financières, leurs quartiers d’origine.

Actuellement, le centre du Moulin Blanc propose, dans le cadre de l’Éducation Physique et Sportive, une pratique nautique à un certain nombre de classes primaires de la ville.

A l’heure où l’éducation de la jeunesse aux questions maritimes (Ocean Literacy) est devenu un enjeu de premier rang pour l’UNESCO et l’Europe, nous proposons de généraliser l’action de sensibilisation aux questions maritimes en direction des écoles brestoises, particulièrement en direction des établissements des quartiers populaires, en développant, en complément des activités nautiques existantes et en liaison avec Océanopolis et les autres acteurs de la vulgarisation scientifique (université, écoles et associations), les actions d’éducation au milieu marin pour tous les jeunes Brestois. Nous soutiendrons également les initiatives des écoles qui souhaiteront « maritimiser » leur projet éducatif. Brest doit devenir une véritable École de la Mer pour sa jeunesse.

 

10. La formation.

La formation aux métiers de la mer est un enjeu stratégique du 21èmesiècle. Il va falloir répondre aux besoins croissants de professionnels compétents et connaisseurs des questions et enjeux maritimes, que ce soit pour la pêche, la conchyliculture, l’aquaculture, les algues, la transformation, le transport maritime, la gestion portuaire, le nautisme, la construction et la réparation navales, les services en mer, les énergies renouvelables, la recherche…

Or le constat est que le secteur maritime dans son ensemble, en Bretagne, comme en Europe, est confronté à la fois à des difficultés de recrutement et à un manque de compétences devenu structurel sur certains métiers. Cet état de fait est dû à la fois à la méconnaissance par le grand public et par la jeunesse des métiers de l’industrie, de la pêche, de l’aquaculture, du transport maritime, des services maritimes… et à une offre de formation initiale trop fragmentée, insuffisamment connectée avec les besoins des employeurs.

En s’appuyant sur l’UBO, sur les grandes écoles de Brest et sur les organismes de formation existants à Brest et dans le Finistère, notre ville doit se donner les moyens, et en coordonnant les acteurs, de devenir un pôle national et européen des métiers de la mer.

A ce titre, il faut soutenir le Campus de l’Industrie Navale qui œuvre à la valorisation des carrières de l’industrie navale, à la navalisation des formations, à la labellisation des parcours, et à donner de la visibilité et de la cohérence aux formations 

 

11. Les mobilités

Brest a les pieds dans l’eau. La mer doit être un facteur de lien entre les différentes parties de la ville. Nous lancerons un groupe de travail sur la mise en place d’une navette maritime qui reliera les 7 ports brestois, avec de possibles extensions vers l’est et l’ouest de la Métropole

De même, nous travaillerons à la mise en place d’une navette entre Brest et la Presqu’île de Crozon, ceci afin de resserrer les liens entre les territoires du Pays de Brest

Ces liaisons bénéficieront aux Brestois et aux habitants du Pays de Brest et elles contribueront à l’attractivité comme à l’animation touristique de la Ville et de la Rade

 

12. L’événementiel maritime 

L’événementiel maritime contribue au rayonnement de Brest. Il constitue aussi un apport majeur à l’économie touristique de Brest et du Pays de Brest.

Les Fêtes maritimes, créées en 1992, qui ont contribué à la notoriété de Brest, seront modernisées pour devenir la Fête de la rade. Elles seront adaptées à de nouveaux enjeux, elles associeront tous les quartiers de la ville. Elles mettront en valeur les richesses de la Rade, et associeront les ports du Pays de Brest. Ces Fêtes seront à la fois patrimoniales et  culturelles, tournées vers les questions environnementales et les métiers de la mer. Elles feront une place importante à la jeunesse et aux différents sports. Notre action visera à ce que l’évènement devienne bisannuel.

De même nous veillerons à ce que Brest accueille dans l’avenir de grands événements nautiques internationaux, et ceci dans les meilleures conditions sportives, techniques, logistiques, ceci afin de rivaliser avec les sites d’organisation les plus prestigieux.

Nous devons tirer les leçons de l’échec de la candidature à l’organisation des épreuves de voile des JO de Paris 2024. Brest a sans doute laissé passer sa chance face à l’un des événements les plus médiatisés au monde, mais ce grand moment de déception nous incitera à mieux repérer les grandes opportunités qui se présenteront à l’avenir pour Brest et l’ouest breton, et à nous mettre en ordre de bataille, de façon plus déterminée et efficace, pour gagner face à l’inévitable concurrence.

Brest et le Finistère, conscients qu’il est indispensable d’organiser une grande course transocéanique à la pointe de Bretagne, à l’image des grands événements qui ont élu domicile en Vendée, au Havre ou à Saint-Malo, avaient obtenu l’organisation du tour du Monde des Ultim en 2019. Du fait de dégâts subis par les bateaux lors de la Route du Rhum 2018, la grande épreuve a été reportée. Nous veillerons à ce que Brest continue de s’investir fortement sur ce projet et que la cité du Ponant soit bien la ville de départ et d’arrivée d’un tel évènement

Les Congrès internationaux liés à la Blue Growth (croissance bleue), aux sciences marines, aux activités et technologies maritimes, contribuent aussi fortement à la renommée de Brest. Ils constituent aussi des moments importants pour l’économie de notre cité.

Brest organisera l’European Maritime Day en mai 2023. Pendant une semaine, toute l’Europe maritime aura les yeux tournés vers Brest qui recevra de nombreux événements et congrès européens et mondiaux. Nous devons faire en sorte que l’EMD soit une grande étape dans la construction du rayonnement international de notre ville, en associant fortement la population brestoise et l’ouest breton à sa réalisation.

 

13. La culture maritime.

On ne peut développer un projet maritime ambitieux sans lui associer une vie culturelle marine dynamique, portée par toute la population. La culture maritime a de multiples formes.

Le développement de la connaissance des questions maritimes par la population y participe fortement.

Sont en jeu la vulgarisation des questions liées à la santé des océans (changement climatique, pollutions), la connaissance des métiers de la mer, la mise en valeur de notre patrimoine maritime, naviguant, bâti ou immatériel, la connaissance de l’histoire maritime de Brest et de la Bretagne occidentale, l’enseignement des sciences et techniques,…

Là encore l’action en direction de la jeunesse s’impose. D’où l’importance de ce qui sera fait dans les établissements scolaires, les centres sociaux de quartier, avec le support du nautisme, des classes de mer et de centres comme Océanopolis.

La pratique de la mer pour les loisirs est un vecteur important de développement de la culture maritime.

Les arts sont également un élément essentiel du développement de la culture maritime : littérature, arts visuels, spectacle vivant, cinéma…

Brest et son Pays doivent s’affirmer comme un haut-lieu de production et d’offre artistiques dans le domaine de la mer.

La culture maritime est également développée par le biais d’évènements qui mettent en valeur le patrimoine, les sciences, l’environnement, les arts et les métiers liés à la mer… Les Fêtes maritimes de Brest, devenues la Fête de la Rade, seront de ce point de vue un laboratoire exceptionnel sur ce que doit être un événement maritime majeur, porté par tout un territoire, au 21ème siècle.

Aux côtés des organismes publics ou des personnes et entités privées, de nombreuses associations contribuent à la vitalité de la culture maritime : patrimoine maritime, éducation populaire, arts.

Le développement de la culture maritime dans la population mérite une approche transversale, une fédération des acteurs et une implication de la ville et de la Métropole dans l’animation et la communication vers les citoyens.

 

14. Un projet central dans le mandat

Ce vaste projet en faveur d’un développement maritime ambitieux vise à positionner Brest comme un acteur maritime majeur au plan européen et international.

Nous devons faire de notre situation géographique une force, un atout pour faire émerger, pour attirer les talents et les entreprises.

Ce projet doit se construire, sur le long terme, avec notre jeunesse, en liaison étroite avec les territoires et villes de l’Ouest breton, eux-mêmes détenteurs d’atouts maritimes exceptionnels.

Faire de Brest un pôle de dimension internationale dans une économie bleue vertueuse sur le plan environnemental, permettra de renforcer l’attractivité de Brest et de soutenir le développement des autres secteurs économiques qui pourront profiter de l’image forte d’une Métropole renommée.

Nous ferons en sorte que la Métropole crée une forte synergie autour du développement maritime.

Pour cela, nous proposerons la création d’un Parlement de la Mer, co-animé par la Métropole, qui rassemblera les acteurs maritimes de Brest et de la Bretagne Occidentale, et dont le rôle sera de définir le projet maritime de Brest et de l’Ouest breton, ainsi que de coordonner son développement.

Ces partenaires investis dans les différents secteurs maritimes que sont l’activité portuaire, la pêche, la conchyliculture, l’industrie maritime, le nautisme, la plaisance, la recherche, la formation, l’éducation et la culture maritimes… seront des entreprises, gestionnaires d’équipements, organismes de recherche, de formation et de vulgarisation, établissements scolaires, associations, collectivités publiques, au côté d’acteurs-clés comme la Chambre de Commerce et d’Industrie Métropolitaine Bretagne Ouest, le Pôle Mer, le Campus Mondial de la Mer, le Technopôle Brest-Iroise ….

Le grand projet maritime de Brest mettra en valeur et fédèrera les projets portés par les acteurs. C’est avec force que nous accompagnerons et promouvrons ensemble ces projets auprès des décideurs nationaux et européens.

 

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